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Cet article est ma contribution au carnaval d’articles d’Émeline du blog Si j’osais sur un thème qui m’a particulièrement inspirée : « Si je n’avais pas peur… »


Il y a quelques années, bien avant que je ne me passionne pour le développement personnel et que je m’oriente vers le métier de coach de vie, j’ai été pendant longtemps bloquée par mes peurs. Elles étaient nombreuses et me limitaient dans toutes les sphères de ma vie, à la fois dans le domaine professionnel, relationnel et personnel. En laissant ces peurs guider ma vie et m’emprisonner dedans, j’acceptais de « subir ma vie » au lieu de la vivre pleinement et librement.

Me pencher sur mes peurs et travailler dessus m’a permis de réaliser qu’elles provenaient de deux sources différentes. J’ai pu ainsi les diviser en 2 catégories :

  • mes propres peurs, c’est-à-dire celles qui sont de source intérieure à moi (et j’en avais un paquet !)
  • les peurs de source extérieure que me renvoyaient mes proches, famille, amis, ou encore même celles d’une communauté

Faire cette distinction et surtout en prendre conscience m’a permis de faire un bond en avant, car non seulement je devais lutter contre mes peurs et démons intérieurs (ce qui n’était pas toujours facile !), mais également faire face aux peurs que me renvoyaient les autres. Ces dernières étaient diverses, souvent liées à un changement dans ma vie ou un choix que je souhaitais faire mais que l’on n’attendait pas de moi.

Les peurs de source extérieure

Parmi les peurs que l’on me renvoyait, je me rappelle d’un moment marquant dans ma vie. Lorsque j’ai choisi de reprendre mes études à 39 ans pour commencer ma formation de coach professionnelle et m’orienter pour un métier qui avait plus de sens pour moi par rapport à mon histoire personnelle, on m’a renvoyé de nombreuses peurs, souvent mêlées à des doutes, avis et jugements :

  • Reprendre des études à ton âge, quelle idée !
  • Tu vas redémarrer de zéro à ton âge, après 20 ans de carrière dans la mode ?
  • Ah bon on peut vraiment vivre de ce métier ? Et comment tu feras pour trouver des clients ?
  • C’est pas ta crise de la quarantaine, ça ?
  • Pourquoi changer de métier puisque tu as un boulot stable, un CDI et tu veux laisser tout cela ?
  • Tu as pensé à ton mari et tes enfants ?
  • Et tes beaux-parents, sont-ils d’accord pour que tu reprennes tes études ? (Je précise que je suis d’origine asiatique, et dans notre culture et communauté, une fille lorsqu’elle se marie, fait partie de « sa nouvelle famille » et doit demander l’approbation de sa belle-famille avant de faire des choix personnels pouvant impacter l’équilibre familial)
  • Tu es une femme, chinoise qui plus est, et une femme ne peut pas penser à elle. Une femme chinoise doit « se sacrifier » pour son mari et pour ses enfants, sa priorité c’est sa famille, assurer le bonheur et la stabilité du foyer, et non pas penser à elle-même en priorité. C’est ce que l’on attend d’une femme, d’une mère et d’une épouse dans notre communauté, il en a toujours été ainsi dans notre culture et nos traditions.

Ces jugements et peurs que l’on me renvoyait ne faisaient qu’accentuer mes doutes, me questionner si c’était le bon choix, si ce n’était pas un peu égoïste de ma part, et augmenter le niveau culpabilité que l’on me faisait ressentir. Tout cela parce que j’avais choisi de changer ma vie, donc sortir de ma zone de confort et du moule tout tracé pour moi. Et ce n’était pas ce que l’on attendait de moi.

Les peurs des autres ne sont pas les miennes

J’ai mis du temps à comprendre que ces peurs qu’on essayait de me renvoyer ne m’appartenaient pas. Je n’avais donc pas à les faire miennes. C’était leurs propres peurs et leurs propres limites. Les peurs des autres ne sont pas les miennes, et leurs limites non plus. Ce que les autres ne sont pas capables de faire ne veut pas dire que je ne peux pas réussir. Et parfois, les gens ont peur pour nous, nous renvoient leurs doutes et leurs limites, car on ose sortir de notre zone de confort et réaliser quelque chose qu’eux-mêmes n’ont jamais eu le courage de faire. Et cela peut déranger…

Déjà que l’on a de quoi faire pour gérer nos propres peurs limitantes, alors si on doit aussi gérer celles des autres, on  n’est vraiment pas sortis de l’auberge ! C’est un fardeau bien trop lourd que de porter d’autres peurs que les siennes… J’ai décidé que je peux m’en passer aujourd’hui dans ma vie, et je ne m’en porterai que mieux. Et s’il y a bien quelque chose que mes lectures, ma pratique du développement personnel, le travail sur moi-même ainsi que ma formation de coaching m’ont permis de comprendre, c’est qu’il n’est possible d’agir que sur soi-même. L’autre grand apprentissage que j’ai fait grâce au travail sur la connaissance de soi, c’est que parfois il est bon de faire taire son mental (en plus de celui des autres !) pour écouter ce que notre cœur a à nous dire. Et pour moi, si l’on apprend à écouter son cœur, à suivre ses intuitions, alors on fait toujours le bon choix dans sa vie.

Nous n’avons malheureusement pas le contrôle sur les pensées, les émotions, les jugements ou encore les peurs des autres. Prendre conscience de cela m’a permis de m’ouvrir les yeux sur ce qui dépendait de moi (et de moi uniquement !) et de les distinguer de tout ce dont je n’avais malheureusement pas le contrôle, soit tout ce qui est extérieur à moi. C’est ainsi que j’ai pu apprendre à lâcher prise sur les peurs mais également les jugements des autres, et quelle libération ! Allégée de ce fardeau, j’ai pu ainsi faire mes propres choix en toute liberté dans ma vie, guidée par mon cœur, mes désirs et mes intuitions.

Les peurs de source intérieure

Si je n’ai pas de pouvoir sur les peurs d’autrui, par contre j’ai le contrôle de mes propres peurs et émotions, et c’est sur elles (et elles seules) que je suis capable d’agir. Ce sont uniquement mes propres peurs que j’ai la possibilité de transformer. La première étape pour se libérer de ses peurs est de savoir les identifier clairement. C’est ainsi que j’ai commencé à lister mes propres peurs. Et toutes écrites noir sur blanc, les unes sous les autres, étrangement elles me semblaient moins puissantes et du coup me faisaient bien moins peur !

Je vous partage quelques unes de mes peurs intérieures les plus profondes, sur lesquelles j’ai travaillé. Avec du temps, de la bienveillance et de la persévérance, j’ai réussi à m’en libérer.

En premier, la peur de l’eau. Une peur ancrée très profondément, qui remonte à mon enfance lorsque j’ai failli me noyer à l’âge de 6 ans. Il m’a fallu une bonne vingtaine d’années pour affronter enfin cette peur en face qui me bloquait littéralement, au point même qu’un simple jet d’eau coulant sur mon visage m’était insupportable car j’avais l’impression de suffoquer et de me noyer sous la douche… Impossible non plus de me laver les cheveux sous la douche, ni mettre ma tête sous l’eau dans une baignoire, de profiter de la mer ou nager sans bouée.

A presque 30 ans, après plusieurs tentatives de cours de natation à la piscine municipale sans grand succès, j’ai pris mon courage à deux mains et pris une décision qui a changé beaucoup de choses dans ma vie : prendre mon téléphone et appeler pour m’inscrire à des cours de natation spécifiques pour les adultes ayant peur de l’eau. Et je ne l’ai pas regretté une seule seconde ! Être parmi d’autres adultes ayant la même peur que moi, le fait de ne plus me sentir seule, avoir des maîtres nageurs bienveillants dans l’eau à mes côtés, et apprendre que mon corps pouvait flotter : tout cela a transformé la perception de ma peur profonde de l’eau. Aujourd’hui, je ne dirai pas que je suis prête à décrocher une médaille de natation aux Jeux Olympiques (en tous cas pas dans cette vie !) mais je sais enfin nager. C’est une grande victoire pour moi et j’en suis fière 😉

C’est après avoir réussi à surmonter cette peur de l’eau et de la noyade que j’ai commencé à sortir plus souvent de ma zone de confort, petit à petit affronter mes autres peurs, et réaliser mes rêves d’enfant.

Ma plus grande peur

Mon autre grande peur et non des moindres, la plus grande peur de toutes, était celle qui m’avait complètement bloquée dans ma vie, en me limitant dans mon potentiel et m’empêchant de vivre la vie de mes rêves. C’est cette peur qui m’aura pris le plus de temps pour pouvoir enfin m’en défaire : libérer ma parole suite au viol subi dans mon enfance. Cette peur s’était accompagnée, avec le temps, de plein d’autres peurs :

  • la peur de ne pas être crue, surtout après mes 20 ans de silence
  • la peur d’être jugée
  • la peur de l’abandon et de me retrouver seule
  • la peur du rejet et que l’on ne m’accepte pas telle que je suis, avec mon passé
  • la peur de revivre le passé et le viol si je racontais mon histoire
  • la peur de la réaction des gens et surtout qu’ils éprouvent de la pitié pour moi
  • la peur que cette épreuve me définisse et que les gens me voient réduite à ce traumatisme
  • la peur de ne pas pouvoir avancer après cela et rester bloquée dans ma vie
  • la peur de ne pas avoir de valeur
  • la peur de moi-même, avec mes parts d’ombre et mes failles

Il y a bientôt 5 ans, j’ai commencé ce travail sur la libération de ma parole trop longtemps refoulée en me confiant à un ami cher et lui avouer ce qui m’était arrivée. Cela m’a fait un bien fou, puis j’ai continué à en parler à mes proches, mes amis, mon frère, mes parents, puis mes propres enfants. Libérer ma parole a eu un tel effet sur moi que j’ai pu enfin aller porter plainte à 38 ans, soit 23 ans après les faits, pour viol sur mineure malgré la prescription dans mon cas. Aller aussi loin que je pouvais aller a été un tournant décisif dans mon parcours de reconstruction.

C’est après avoir pu libérer ma parole et affronter toutes ces peurs liées que j’ai été capable de faire des choix de vie qui ont plus de sens pour moi : ouvrir mon blog sur la résilience après un viol, fonder mon association Les Résilientes et encourager d’autres personnes à libérer à leur tour leur parole via mes groupes de parole, et dédier ma vie à l’accompagnement de personnes en reconstruction après des violences sexuelles en en faisant ma spécialité de coach de résilience.

Aujourd’hui toutes ces peurs listées plus haut n’ont plus lieu d’être. Une peur peut nous bloquer et nous forcer à la stagnation dans nos vies, mais lorsque l’on arrive enfin à la surmonter, qui sait jusqu’où cela peut nous mener ? Jamais je n’aurai imaginé il y a 5 ans qu’affronter ma plus grande peur pour libérer enfin ma parole allait changer le cours de ma vie pour toujours… Et quand je regarde tout ce chemin parcouru, je suis fière de moi et de celle que je suis devenue.

Derrière toute peur se cache un désir

Ce qui m’a aidée à me libérer de mes peurs, c’est de prendre conscience que derrière toute peur se cache un désir puissant, profond, parfois secret, mais toujours inassouvi. En réalisant qu’affronter mes peurs signifiait également trouver le désir caché derrière et répondre à ce désir a changé ma perception des choses. Derrière ma peur de l’eau se cachait en réalité le désir d’apprendre enfin à nager. Derrière la peur de parler de mon épreuve se cachait le désir de faire enfin entendre ma voix (et ma voix compte !), ainsi que le désir puissant de me libérer de mon passé.

Pour moi, raisonner en terme de désir et non de peur est bien plus puissant, plus encourageant et motivant. Il est plus simple de répondre à un désir que d’affronter une peur. Si nous apprenons à regarder au-delà de nos peurs et réussir à identifier le désir inassouvi caché derrière, alors fini la stagnation et le statut quo, et la transformation peut enfin s’opérer dans notre vie : ce ne sont plus nos peurs qui guideront notre vie, mais nos espoirs, nos désirs et nos rêves.

« Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs. »

(Nelson Mandela)

Le premier pas est fondateur

Enfin, le plus difficile pour se libérer de ses peurs, c’est de faire le premier pas. Un gros objectif peut paraître inatteignable, alors que le découper en petits morceaux le rend plus facilement réalisable. Après ce travail de découpage en plus petits objectifs, se demander quel serait la première étape pour débuter peut encourager à sauter le premier pas.

Une fois que le premier pas est posé, les autres s’enchaîneront l’un après l’autre, tout naturellement. Et pas après pas, étape après étape, on apprend à se libérer de nos peurs intérieures pour prendre le chemin de sa liberté.

Et vous, quelles sont vos peurs les plus profondes ? Lesquelles avez-vous réussi à surmonter ? Quelle est la prochaine sur votre liste ?

2 thoughts to “Se libérer de ses peurs

  • Emeline

    Oh merci pour cette très belle participation ! Très intéressant en effet de dissocier ses propres peurs de celles des autres Et oui s’accrocher à son propre désir permet de soulever bien des montagnes. Bravo pour ce beau chemin de vie. En effet tu peux être fière de toi Libérer ta parole semble t’avoir permis de te libérer toi À nouveau merci 🙂

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    • Anya

      Merci à toi Emeline pour m’avoir invitée à ce beau challenge sur ce sujet très inspirant qu’est celui des peurs ! Tes mots me touchent et me vont droit au cœur ❤️
      Tu as bien résumé en une seule phrase : aller au-delà de mes peurs et libérer ma parole m’a en effet permis de me libérer moi…
      Je t’embrasse et à très bientôt !

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